Le renforcement des capacités de défense du Canada et ses répercussions sur le cautionnement

Jul 27, 2026

By Scott Beattie, Premier vice-président et chef du cautionnement contractuel pour l’Amérique du Nord.


Le secteur de la défense au Canada connaît une transformation générationnelle. Avec l’engagement du gouvernement fédéral à porter les dépenses en matière de défense à 5 % du PIB d’ici 2035, le pays a amorcé ce qui pourrait devenir le plus important programme de construction soutenu de son histoire récente. Pour l’industrie du cautionnement, les occasions sont considérables, et les répercussions vont bien au-delà des chiffres annoncés dans les manchettes.

Les projets de construction directement liés à la défense représentent à eux seuls plus de 45 milliards de dollars de projets actifs. La modernisation du NORAD, les infrastructures destinées aux chasseurs CF-35, le renouvellement de la flotte navale ainsi que les projets de logements militaires constituent des programmes pluriannuels et multisites qui s’étendent à toutes les régions du pays. À cela s’ajoutent environ 250 milliards de dollars d’infrastructures à usage mixte — routes, ports, pistes d’atterrissage et systèmes énergétiques servant à la fois des objectifs civils et militaires — soutenus notamment par le Plan pour l’Arctique et le Nord, évalué à plus de 40 milliards de dollars. Les investissements municipaux et communautaires associés à l’expansion des bases militaires viennent également renforcer ce bassin de projets.

L’objectif d’approvisionnement national de 70% constitue un choix stratégique délibéré visant à renforcer la capacité industrielle du Canada. Cela se traduit par l’agrandissement d’usines existantes, la construction de nouvelles installations manufacturières, la modernisation des chantiers navals ainsi que le développement d’infrastructures liées aux minéraux critiques — autant de projets nécessitant des cautionnements. Selon le Boston Consulting Group, les investissements liés à la construction pourraient atteindre entre 350 et plus de 400 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. Il ne s’agit pas d’un simple pic ponctuel d’activité, mais bien d’un cycle de demande soutenu et déployé progressivement sur plusieurs années.

Pour les souscripteurs en cautionnement, les occasions sont bien réelles, mais il en va de même pour les efforts que devront déployer nos clients afin de les saisir de façon responsable. La taille des projets est considérable, plusieurs programmes dépassant le milliard de dollars. Les défis géographiques sont également importants, particulièrement dans l’Arctique et le Nord canadien, où les risques liés aux dépassements de coûts, à la logistique, à la main-d’œuvre et à l’exécution des travaux sont significatifs. La volonté de favoriser l’approvisionnement national amènera également des entrepreneurs de taille moyenne et des entreprises émergentes à participer pour la première fois à des projets liés à la défense. Or, plusieurs de ces entreprises disposent d’une expérience limitée dans ce secteur, et leurs bilans financiers ne reflètent pas toujours encore la complexité ou l’ampleur des projets sur lesquels elles souhaitent soumissionner. Ce marché récompense avant tout la préparation et une gestion rigoureuse des risques. Les souscripteurs qui comprennent bien l’environnement des marchés publics, qui connaissent leurs entrepreneurs et qui appliquent une gestion disciplinée des capacités seront bien placés pour en tirer parti. À l’inverse, ceux qui considèrent cet afflux d’investissements comme un moyen facile d’accroître leur chiffre d’affaires pourraient constater que les risques sont plus importants qu’ils ne l’avaient anticipé.

Pour Trisura, l’ampleur et la durée de ce bassin de projets réaffirment notre engagement envers le marché canadien de la construction. Notre équipe de souscription possède l’expertise et la capacité nécessaires pour accompagner les courtiers et les entrepreneurs à mesure que les projets liés à la défense gagnent en complexité et en volume.