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« Le changement est la loi de la vie. Et ceux dont le regard est tourné vers le passé ou le présent sont certains de rater l’avenir. »

– John F. Kennedy

Le Canada continue d’évoluer et de changer d’un point de vue démographique. Et ces tendances lourdes modifieront le visage de notre économie, du monde des affaires et évidemment de l’industrie de l’assurance pour les années à venir. Comme Kennedy l’a fait remarquer, ceux qui prennent acte de ces changements et dont les décisions sont prises en fonction de ceux-ci auront les meilleures chances de réussir dans l’avenir.

La population canadienne continue de croître plus rapidement que celle de la plupart des pays développés. En 1985, la population canadienne se chiffrait à environ 25 millions de personnes, alors qu’elle s’établit à plus de 35 millions de personnes aujourd’hui. D’ici 2050, elle se chiffrera à au moins 41 millions de personnes, peut-être même davantage.

Cette croissance démographique se manifeste en dépit du fait que nous ne comptons en moyenne pas plus de 385 000 naissances par année, soit un indice synthétique de fécondité de 1,61 enfant par femme en âge de procréer. Afin de renouveler les générations, le taux de fécondité devrait s’établir à 2,1 environ.

En revanche, le Canada possède le solde migratoire positif le plus important parmi les pays du G8. Plus de 200 000 personnes, soit 5,66 pour 1 000 personnes, immigrent au Canada chaque année (en fait, le niveau d’immigration autorisé s’établit à 265 000 personnes, mais il y a des gens qui, étrangement, choisissent de quitter le Canada – je mettrais ma main au feu que ces décisions sont prises en plein cœur de l’hiver !). Quand nous additionnons notre taux de natalité avec le solde migratoire positif, nous constatons une croissance nette de la population.

La vaste majorité des nouveaux immigrants choisit de s’établir dans les grands centres urbains (Toronto et ses banlieues accueillent ainsi près de 100 000 immigrants chaque année). Quand cette tendance s’ajoute à celle bien documentée de la migration interne où des gens quittent la campagne pour la ville, c’est-à-dire le phénomène de l’urbanisation, nos villes connaissent une croissance encore plus significative. On prévoit même qu’en 2050, la population de Toronto sera équivalente à celle combinée des villes de Toronto et Montréal aujourd’hui. Et dire que nous pestons contre les embouteillages en 2014 !

Fait intéressant à noter, d’ici 2031, un tiers des Canadiens appartiendront à une minorité visible. Pour Toronto et les autres grands centres urbains, cette proportion sera de plus de 60 %. En outre, les minorités visibles sont plus jeunes – 33 ans en moyenne comparativement à 40 ans pour l’ensemble de la population canadienne – et leur taux de natalité est généralement plus élevé. Le visage du Canada, particulièrement celui de ses villes, change donc très rapidement.

Près de 60 % des immigrants aujourd’hui sont originaires de l’Asie, surtout de l’Inde, du Pakistan et de la Chine. Je m’adresse aux courtiers d’assurance qui travaillent dans les grands centres urbains. Comment ciblez-vous cette clientèle émergente et croissante ? Avez-vous embauché des courtiers qui s’expriment couramment en punjabi, en cantonnais ou en mandarin ?

Cette forte croissance de l’immigration explique pourquoi nous avons connu une augmentation si importante dans les marchés de l’habitation et de la copropriété, tout autant dans la région du Grand Toronto que dans d’autres régions métropolitaines au Canada. La demande dans le marché de l’habitation est restée élevée. Il va de soi que cette croissance de l’urbanisation a eu un impact préjudiciable sur des infrastructures déjà vétustes et a fait naître le besoin conséquent d’investir dans des infrastructures et d’en construire de nouvelles qui soient durables afin de résoudre le dilemme de l’actuel déficit infrastructurel qui est bien documenté.

Le Canada est la onzième puissance économique mondiale en fonction de son produit intérieur brut, mais il représente actuellement la cinquième puissance mondiale dans le secteur de la construction, ce qui est notamment attribuable à ses dépenses massives de construction dans les secteurs pétrolier, gazier et minier, mais également aux exigences inhérentes à une population croissante. Les dépenses de construction au Canada devraient rester importantes pour l’avenir prévisible
Pour tout courtier d’assurance, cela tombe sous le sens que le secteur de la construction devrait constituer une option très attrayante, s’il n’occupe pas déjà ce marché.

Le Canada vieillit aussi. De fait, le groupe d’âge qui vieillit le plus rapidement est celui des 65 ans et plus. En 2015 et pour la première fois dans l’histoire du Canada, il y aura plus de personnes dans ce groupe d’âge que dans celui des gens de 15 ans et moins.
Actuellement, environ cinq millions de Canadiens sont âgés de 65 ans et plus et, d’ici 2035, cette cohorte doublera pour s’établir à environ 10 millions de personnes, soit 25 % de la population totale du Canada. D’ici 2050, un Canadien sur 10 (plus de quatre millions de personnes) sera âgé de plus de 80 ans et, conséquence regrettable, le nombre annuel de décès surpassera le nombre de naissances au Canada de 2020 jusqu’à 2046 !

Quels sont les besoins d’une population vieillissante ? Les soins de santé, les programmes d’aide à la vie autonome et les services de soutien viennent évidemment à l’esprit. Cependant, qu’en est-il du secteur de l’assurance ? Les courtiers d’assurance, qui sont sensibles à cette tendance démographique, pourraient envisager la possibilité de développer une expertise relativement aux besoins émergents de ce segment de la population. À mon avis, les entreprises qui chercheront à répondre aux exigences de cette clientèle vieillissante se multiplieront. Comment faire pour que ces entreprises deviennent des clients ?

Les tendances démographiques reliées à la croissance de la population, à l’urbanisation, aux importants niveaux d’immigration et à une population vieillissante constituent des phénomènes durables qui continueront de changer le profil du Canada pour les années à venir. Ceux qui sont réceptifs à ces changements, pour reprendre les mots de Kennedy, en tireront des avantages considérables et ils ne rateront pas l’avenir.

Ceux d’entre nous qui choisiront de faire abstraction des conseils de Kennedy et qui verront leurs carrières dans le secteur de l’assurance péricliter pourront toujours se recycler dans le secteur des services funéraires ! Un conseil : faites vite, car je crois que plusieurs personnes meurent d’envie de se lancer dans ce domaine.
En terminant, je vous souhaite ainsi qu’à vos familles et à vos proches mes meilleurs vœux des Fêtes et une formidable année 2015.